CHRONIQUE 40 – A propos du film Nicky Larson (2018)

2019-02-08T21:59:01+00:00 February 8th, 2019|

Je ne comprends pas le soudain engouement pour ce film, qui est ostensiblement mauvais.

Le casting est hors cadre (Nicky est trop vieux, trop petit, trop maigre ; Laura est trop vieille ; Mammouth est trop jeune et le reste du casting est complètement nul), la mise en scène abominable (le jeu de acteurs est tellement mauvais, palme de plomb à Didier Bourdon qui plombe la bande annonce à lui tout seul, tellement il joue mal/connait mal son texte.). Et tout l’environnement du film est nul, on ne reconnait rien, aucune situation du dessin animé. Les dialogues sont complètement ratés, jamais on ne parle de longueur de bite, c’était justement l’inverse, les dialogues étaient réécrits par les doubleurs pour rendre la série plus adaptée à une audience jeune. Là c’est l’inverse, ils ont réalisé un film pour enfant rehausser pour les trentenaires/quadra qui ont connu la diffusion au Club Dorothée.

Oui c’est un film de m**de, regardez la série, elle est actuellement en diffusion sur Manga, Nicky Larson était une série tout à fait sérieuse, contrebalancée par une mise en scène borderline qui sert une intrigue politique crédible (comme la venue d’une princesse qui engage un garde du corps). De plus ce qui a fait le charme de la série c’est la mise en scène du Tokyo des années 80, lors de grand essor économique qu’à vécu le pays pendant cette période. Les cafés, la pop musique, les voitures américaines, les militaires US en activités au Japon reconverti en mercenaires, l’ambiance masculine des quartiers de Roppongi… Et oui on pouvait avoir 8 ans et apprécier cela aussi ! Et j’ai même envie de dire, à 8 ans, les détails sexuel on ne les voit pas ! Dans les années 80 on regardait Soleil Vert et Blade Runner, on n’était pas des débiles focalisés sur des paires de culs !

Cette adaptation est réalisée par des idiots incultes qui n’ont rien compris à l’animation des années 80, ou plutôt qui en ont retenu un truc débile de mélange de massue, de nichons, et de flingue avec un mec habillé en bleu et rouge. Fidèle à cette partie de l’audience qui n’a jamais vraiment porté d’intérêt à ces dessins animés, ces derniers ayant fait partie d’un décor lointain dont ils sont aujourd’hui nostalgiques.

On se retrouve avec le même phénomène que pour Star Wars où les réalisateurs sont incapables de servir le propos de la saga qu’ils adaptent. C’est une preuve de bêtise et qu’il n’y ait rien de mieux au cinéma pour en tenir la comparaison, démontre que notre époque est inquiétante, tant elle est inapte à réaliser les plus simples exercices : adapter un dessin animé pour enfant au cinéma.

Heureusement que ce n’est pas une adaptation de Dostoïevski ou Julien Gracq ! Cela n’est pas près d’arriver !